Cabo De La Vela est un de ces endroits du monde qui reste gravé dans la mémoire. Situé en plein milieu du désert dans le département de la Guajira au Nord de la Colombie, ce tout petit village rural et venteux est le spot privilégié des kitesurfeurs et la terre natale des Wayuus.

Obsolète, Dépeuplé, totalement isolé, loin de tout, grandiose, désertique et véritablement authentique, je recommande à quiconque d’y aller et d’y aller vite.

Y aller vite car c’est exactement le genre de région qui va se faire assaillir par les entrepreneurs souhaitant développer des hôtels, exploiter son potentiel indubitable et ainsi fournir des services pour faire venir les touristes.

POUR Y ALLER

Seul un 4×4 peut vous amener à Cabo. Il faut compter environ 3h de route en partant de Riohacha et 50 000 cop le trajet. On s’est fait avoir comme des bleus, nous avons payé beaucoup plus que le prix initial, soit 110 000 cop.

Sur le chemin, la session essence s’est avérée très instructive*. Les Vénézuéliens sont les rois du pétrole ! Étant donné la crise économique dramatique que traverse le pays, certains Vénézuéliens franchissent la frontière pour vendre leur essence en Colombie. Un marché noir est ainsi développé et le cout de l’essence sur place est au plus bas.

Les Wayuus ont tous les droits sur leur territoire et instaurent leurs propres règles. Souvent par deux, ils sont postés à divers endroits tout au long du trajet. Ils bloquent la route avec une corde et profitent du tourisme pour faire payer aux voitures un droit de passage. Plus étonnant encore, dès le plus jeune âge, bébé Wayuu a le sens du business. À peine 4 ans et encore au biberon, il est déjà aux commandes de son propre péage. Cependant, les chauffeurs qui connaissent bien ces abus, appuient sur l’accélérateur pour franchir le barrage et forcer le gamin à lâcher la corde, une situation qui m’a presque valu un infarctus.

Ça a été un des voyages les plus mémorables que j’ai pu faire jusque là. On a vécu, le temps de quelques jours, en immersion totale, dans une ville fantôme. Lorsque nous sommes arrivés, cette vision fantomatique a plutôt effrayé mon petit ami tandis qu’elle m’a personnellement tout de suite séduite. Même si j’avais «googlelé» ce lieu, la surprise en arrivant sur place a été totale. La chaleur, le soleil, le vent, la poussière de sable, les couleurs, les routes désertiques, tous ces éléments réunis rendent l’atmosphère inhabituelle et étrange. L’endroit est si rural que ça en est surprenant voire surréaliste, je ne m’étais jamais retrouvée dans un décor pareil auparavant, quelle expérience !! 

AUTHENTIQUE EXPERIENCE

On dormait sur la plage, dans des hamacs disposés en quinconce sous des cabanes qui longeaient la plage. Ces huttes en bambou sont les seules constructions immobilières de la ville.

Il y avait tellement de vent que nous étions recouverts de sable à longueur de journée. On avait droit à une douche par jour car seul un groupe électrogène nous permettait d’avoir de l’électricité quelques heures dans la soirée.

Nous devions commander notre repas du soir pendant le déjeuner et notre déjeuner du lendemain au moment du dîner.

J’ai aimé cet endroit pour sa beauté mais surtout pour sa simplicité. Nous n’avions besoin de rien, nous étions bien. Ça a été un véritable retour à la nature, à la terre, aux choses simples. Pas de réseau, pas de connexion internet et une fulgurante déconnexion avec le monde extérieur. 

La sensation que rien ni personne ne nous attend. On laisse de côté les obligations. On ne se soucis plus du temps. Le temps n’a d’ailleurs aucune importance là-bas, lui qui est pourtant si précieux. Là-bas, on ne pense plus, on s’émerveille. Là-bas, le temps s’arrête pour laisser place à la paix.

LE PARADIS DES KITE SURFEURS

Je parle de ce voyage aujourd’hui car Cabo est aussi un des spots les plus prisés par les kite surfeurs. Avec du vent toute la journée, les voiles dansent dans le ciel du matin au soir. Par conséquent, quelques passionnés, très peu nombreux, ont ouvert leur business pour initier ou permettre aux touristes de passage de se divertir le temps de quelques sessions.

N’ayant pas fait de kitesurf sur place, l’idée d’essayer un jour ne m’a jamais quitté. Autrement dit, j’ai très envie de partir une semaine et consacrer ce séjour à cette discipline. Je ne sais pas trop où aller, ni avec quel organisme partir ou vers quelle école me diriger. Je recherche quelque chose d’abordable, de fiable, avec une ambiance plutôt « friendly ». 

Alors, si jamais vous maîtrisez le sujet, j’aimerais que vous m’aiguillez.

Savez-vous s’il y a des packages leçon/hébergement intéressants et accessibles en terme de budget ?

Vers quel organisme / agence de voyages / école puis-je me tourner ?

Où est-ce que je pourrais aller ?

Si vous avez déjà fait ce genre de séjour, n’hésitez pas à partager votre expérience avec moi.

LIENS PRATIQUES

Où dormir ?

Sur la plage, dans des hamacs. Nous logions à Apalanchii qui est apparemment l’hôtel « 5 étoiles » du village. Vous aurez le choix entre dormir sur la plage ou dans une chambre individuelle.

Nous avons payé 15000cop/nuit pour un hamac et une pièce où stocker nos affaires en toute sécurité. Seule une douche nous était autorisé. La nourriture de l’hôtel est bonne et fraîche.

Je recommande aussi l’école de kite, Kite Addict où l’ambiance est plus festive et où vous pouvez dormir et prendre des cours de kite.

Tous les hôtels sur place offrent le choix de dormir dans une cabine, 35 000 cop (10€), un hamac 15 000 cop env. (4.5€) ou un chinchorro* 20 000 cop (6€). * Le chinchorro est le hamac de luxe. Fabriqué en filet, tissé à la main et plus large, il est soit disant plus confortable. J’ai testé les deux et franchement, je n’ai pas de préférence, j’ai aussi bien dormi dans l’un que dans l’autre.

Quoi faire ?

• FAIRE DU KITESURF.

• MONTER EL PILÓN DE AZÚCAR. La plupart des touristes y vont en moto-taxi, mais en vraie baroudeuse, j’y suis partie à pied en traversant le désert pendant 1h environ. Cette excursion est fascinante, même sous une chaleur accablante, je le referai s’en hésiter.

• ALLER VOIR LE COUCHER DU SOLEIL à la pointe sans oublier de prévoir une lampe torche pour le retour.

• UN JOUR / UNE NUIT À PUNTA GALLINAS. (vous aurez toutes les explications pour y aller dans le prochain post sur la Colombie).

Voici un lien où se référer et obtenir plus d’info sur Cabo de la Vela et le département de la Guajira. Cliquez ici.

Évitez d’y aller pendant les fêtes de Pâques, Décembre et Janvier pour éviter le monde. Ce lieu se savoure en tout petit comité.

Je conclurais cet article en précisant que j’ ai eu la chance de connaitre ce lieu dans son authenticité, c’est-à-dire avant qu’il ne passe entre les mains d’investisseurs potentiels. Ceci ne devrait pas tarder puisqu’une route est en construction pour permettre d’accéder au village plus facilement. Probablement dans un futur proche, des hôtels, restaurants, boutiques, clubs vont s’implanter et transformer ce qui fait la beauté et le charme de Cabo De La Vela.

Alors allez-y, vous ne serez pas déçus du voyage !

Xo

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